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Impermanence | Cultivez la magie du temps présent

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Il pourrait s’agir de la plus grande erreur de notre société actuelle. Tout est mis en place pour oublier l’impermanence. Et l’on finit même par y croire. Pourtant, rien n’est éternel, pas même nous. Et ce, malgré les avancées technologiques et scientifiques. Ou bien encore, le succès de la lutte contre le vieillissement. Alors oui : nous pouvons continuer à jouer avec la mort, penser que tout est définitif, comme taillé dans le marbre. Nous pouvons nous faire refaire le corps, mentir sur notre âge, chercher l’éternelle jeunesse. Capitaliser. Entasser. Amasser. Mais au final, tout meurt un jour.

Au-delà de la perspective fataliste de cette loi naturelle, il réside malgré tout une excellente nouvelle. Tout peut changer en l’espace d’un instant. En un claquement de doigts, tout peut s’effondrer ou, à l’inverse, être rebâti. C’est ce qui nous est proposé dans la magie ordinaire de chaque instant. Et cette période de confinement nous invite plus que jamais à transgresser l’espace se réduisant à nos seules limites physiques. Car l’esprit est illimité. Comment réapprendre à savourer chaque instant ? Par quels moyens retrouver le chemin de la simplicité ? 

Impermanence : les enseignements de Patricia Ullman

À travers mes petites routines, je réussis à conserver un esprit serein. En parallèle, je continue à traduire les posts de mon amie américaine Patricia Ullman, confinée à Washington. Elle enseigne la méditation et la pratique depuis plus de quarante ans. Tout change, et c’est avec le même plaisir de se remémorer grâce à elle cette pratique de contemplation simple et puissante.

“Quand on demande à un enseignant bouddhiste de résumer l’essence de sa tradition en un mot ou une phrase, la réponse la plus courante : tout change. Dans la pratique de la contemplation, il existe une série d’enseignements appelée “Les quatre rappels” ou “Les quatre pensées pour tourner l’esprit vers le Dharma”. Cette Vérité côtoie la préciosité éphémère de la vie humaine, la loi de la cause et de l’effet et l’inéluctabilité de la souffrance dans cette vie conditionnée dans laquelle nous nous trouvons.”

Les quatre contemplations

“Pour tourner leur esprit vers l’essence de ces quatre vérités fondamentales, les bouddhistes les contemplent encore et encore. Ceci leur évite de se tourner vers des tactiques de fuite. Pour paraphraser la contemplation sur l’impermanence, “la vie des êtres est comme une bulle. La mort vient sans avertissement, ce corps sera un cadavre. À ce moment-là, la Vérité sera mon seul soutien. Je dois m’entraîner à réaliser ceci.” Un de mes Maîtres appelait ces quatre contemplations “Les faits de la vie”. Ce ne sont pas des croyances religieuses auxquelles on doit croire avec foi. Ces contemplations sont vraies, tout simplement. Nos vies sont plus riches si on les regarde directement.”

“La contemplation de la mort ne concerne pas seulement notre propre mort, mais l’impermanence de toute chose. Rien ne dure pour toujours, c’est ainsi. Depuis le moment de notre conception jusqu’au moment de notre mort, nos corps grandissent et se transforment à tous les niveaux. Cela nous convient jusqu’au moment où l’on devient plus vieux, submergés par un sentiment de crainte de la perte imminente de notre santé et de notre vie.”

Le détachement

“Les saisons vont et viennent. Nos bien-aimés et connaissances nous quittent. Les objets que nous apprécions se brisent, se perdent, jusqu’à les laisser lorsque nous mourons.  Même les montagnes, le système solaire ne durent pas éternellement. Alors, aujourd’hui, nous expérimentons plus intimement la temporalité de notre société. En effet, que cela dure une génération, quelques centaines d’années ou des milliers, tout se transformera finalement en autre chose avant de disparaître. Au mieux, cela laissera quelque mystère archéologique qui se dissoudra également.”

“C’est cela que nous vivons actuellement. Un éveil douloureux à l’inéluctable perte du monde tel qu’on le connait. Privilégiés, nous avons cru à tort que certaines choses allaient perdurer, voir notre famille et nos amis, aller faire nos courses et vivre de nos économies. Ceux d’entre nous dans le luxe de la sécurité, avec une connexion internet, de l’électricité, de l’eau et au moins assez d’argent pour survivre en ce moment, peuvent, malgré nos lourds sentiments de tristesse et de perte, éprouver de la complaisance à propos de la préciosité de ces choses. Cependant, nous devons rester vigilants, parce que tout change. Et pourtant, au milieu de ceci, il est évident que les êtres humains partagent un profond sentiment de connexion. Ainsi qu’une urgence inhérente. Pas seulement à survivre, mais aussi à être créatifs et à se connecter les uns aux autres. Parfois, cela peut être recouvert par la cupidité, l’agression et d’autres dysfonctionnements basés sur la peur, à la fois personnelle et sociétale.”

La bonté fondamentale

“Ainsi, nous pouvons chercher la bonté en nous-mêmes et en l’autre. En parallèle, nous pouvons réaliser de plus en plus à quel point ce désastre nous lie et nous rassemble en tant que communauté humaine. Alors, en cette période de tristesse effrayante et d’incertitude, vous pouvez contempler ce que vous avez et ce que vous faites qui vous procure de l’énergie et de la joie. Vous pouvez délibérément être gentil. Ceci vous sort de votre histoire négative et vous pouvez dès lors vous rappeler de votre propre force. De votre puissance à aider quelqu’un à se sentir mieux.”

“Oui, vous pouvez penser aux choses et aux personnes chères. Réaliser votre chance et votre gratitude. Vous pouvez tourner votre esprit vers la Vérité éternelle de la bonté humaine. Cela n’est pas conçu pour recouvrir la douleur du changement, mais pour détourner votre attention de la négativité. Il y a une autre histoire. En réalité, il existe autre chose que la méchanceté. Et comme le disait Martin Luther King, “la mesure ultime d’un homme n’est pas lorsqu’il se tient en des périodes de confort et de commodité, mais quand il se dresse en des moments de défi et de controverse.” En ces temps dramatiques, nous pouvons nous rappeler de célébrer notre bonté. Ainsi que celle de tous les êtres vivants.”

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Cette adaptation vous a plu ? Je suis à votre écoute si vous avez besoin d’une initiation en méditation, de conseils. Ou si vous avez tout simplement l’envie d’échanger sur votre expérience avec votre esprit.